29.09.2009

Suppression de tous les ordres


UNION FÉDÉRALE DES MÉDECINS, INGÉNIEURS, CADRES ET TECHNICIENS
FEDERATION CGT DE LA SANTE ET DE L’ACTION SOCIALE
Pour la suppression de tous
les ordres professionnels
Le collectif des médecins de l'UFMICT-CGT (Union Fédérale des Médecins, Ingénieurs, Cadres et Techniciens)
soutient pleinement les actions menées par la profession infirmière, dans l'unité syndicale, visant à l'abrogation
de la loi instaurant un ordre infirmier.
Le travail engagé, depuis 3 ans, avec les masseurs kinésithérapeutes et les pédicures podologues, lorsque ces
professionnels ont été confrontés à la mise en place forcée de leurs conseils de l’ordre, a permis de faire bouger
les lignes et les consciences sur les réels enjeux de ces structures ordinales.
Cette bataille, une nouvelle fois engagée contre ces structures ordinales, nous touche particulièrement car la
question de la légitimité de l'ordre des médecins est aussi posée depuis sa création. Au fil des ans, son
fonctionnement, ses prises de position ont entraîné de multiples protestations.
Deux problèmes sont particulièrement éclairants :
• D'une part, sa gestion des qualifications et de la formation médicale continue se fait dans une totale
opacité et ne correspond pas à ce qu'on peut attendre vis-à-vis d'une profession disposant d'un doctorat
universitaire. Il s'agit du seul domaine universitaire où les mécanismes de reconnaissance des qualifications, tant
au niveau initial qu'au cours de la carrière, ne respectent pas les règles définies au niveau européen dans le cadre
de la VAE (validation des acquis et de l'expérience). En effet, les conditions de nomination des membres des
commissions de qualification et l'opacité de leur fonctionnement constituent des anachronismes peu acceptables.
En ce qui concerne la formation médicale continue, il suffit de relire les différents rapports publiés à ce sujet,
notamment ceux de la Cour des comptes, pour comprendre que le système actuel draine des crédits très
importants, sans aucun contrôle précis de l'efficience de leur utilisation. De plus, les liens malsains entre
formation médicale continue et industrie pharmaceutique n'ont jamais ému le conseil de l'ordre des médecins qui
s'accommode largement de cette situation.
• D'autre part, sur la question de la démographie médicale, le rôle de l'ordre des médecins a été délétère ces
30 dernières années. Défendant une vision corporatiste de répartition de parts de marché, il a largement
accompagné, voire renforcé, les décisions politiques visant au maintien d'un numerus clausus très inférieur aux
besoins de la population. Par ailleurs, il a été incapable d'organiser une répartition correcte des médecins sur le
territoire, et son positionnement sur la permanence des soins a abouti à la situation catastrophique que nous
connaissons actuellement.
De plus, la question de la représentativité se pose. Les conseils de l'ordre se préoccupent essentiellement des
problèmes des professionnels libéraux, et peu de ceux des salariés. C’est compréhensible puisque les salariés
échappent, notamment, largement à leurs pouvoirs disciplinaires, puisqu'ils relèvent du droit du travail dans leur
relation avec leurs employeurs. Cette question prend une acuité particulière du fait de l'augmentation importante
du salariat des médecins. On comprend donc le problème que peut poser la mise en place d'un ordre infirmier
dans une profession où le pourcentage de salariés dépasse 80 %.
Le mouvement actuel contre l'ordre infirmier replace dans l’actualité la problématique de l'ensemble des ordres
professionnels dans le monde de la santé. Si la question de l'existence d'une chambre syndicale professionnelle
pour les professionnels libéraux peut se poser, la revendication de la CGT est claire : nous réclamons la
suppression de tous les ordres.
Fait à Montreuil, le 28 septembre 2009